poème

Samedi

 

Je me suis réveillé vers midi
Dehors la planète était toute mouillée
et les vitres aussi
et puis elle soufflait, pas contente
J’ai mis ça sur le dos des émissions politiques
qu’on avait regardées la veille ensemble…
moi aussi ça m’avait énervé.

Je suis allé faire du café en me grattant le cul.

Verre rempli de liquide noir à la main
j’ai ouvert la fenêtre un chouia
(joli bruit de sifflement avec le vent)
j’ai ouvert mon paquet de tabac
et une page blanche.

Tu sais ce qui me saoule avec l’ordinateur ?
Le reflet.
Voir son reflet dès le matin dans l’écran
donne envie d’aller se recoucher.
Une machine à écrire, elle
n’en a rien à faire de ces perversités-là
elle est mate et pure
comme une paire neuve de pompes en daim
comme un sourire de bébé
comme un ciel de planète énervée

J’ai torché un poème et
j’ai torché mon café
puis suis allé aux toilettes
dehors la planète était toute mouillée.

Voilà pour cette première heure de la journée.

 

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