Salut ! Salam a les koum, saille au hara, tout ça tout ça…

Qui que vous soyez, d’où que vous soyez et où que vous alliez, Bienvenue dans mon modeste Souterrain !

C’est un endroit particulier que celui-ci. Un endroit où les mots tentent de foutre des coups de pompe dans la fourmilière audiovisuelle ainsi que dans la sphère littéraire. Et faut l’avouer, c’est pas rien ! Autre chose que filer une claque à sa grand-mère.
Alors… avant que votre bouche ne se consume, brûlante de questions aussi indispensables que futiles, laissez-moi vous guider :

Présentation du Taulier (moi)

Port très de l’hauteur

Qui suis-je ?

Par souci d’anonymat (et parce que ceci n’est pas très important), il est fort probable que vous ne sachiez jamais ni mon identité, ni mon âge et encore moins ma gueule.
Cette prise de position est moins due à une idée de ne pas faire comme tout le monde qu’à une réflexion née de ma propre expérience.
Et de toute façon, ici, seuls les mots comptent.

Mais si cela représente un quelconque intérêt pour vous, appelez-moi Marc.

Je suis un mec né sous l’ère Mitterrand, biberonné au Club Dorothée, aimé par des parents fonctionnaires aujourd’hui jouissant de la retraite. Je suis père, frère, casé et depuis quelques jours hébergeur d’un petit chat qui me lacère les guibolles au moment même où j’écris ces quelques mots. Je l’ai trouvé sous la roue d’un camion, les paupières collées par des croûtes, affamé et gueulant. Lui aussi commence bien sa vie…

(petit passage chat mignon inévitable pour attirer des cœurs sur internet)
(petit passage moins mignon : hier il a pissé sur mon oreiller cet ingrat)

Qui ne suis-je pas ?

Je ne suis pas un mec qui a fait des études littéraires (chevrier-fromager de formation), un parisien, un gendre idéal, un mec qui sait obéir aux ordres en se disant « ben c’est comme ça », qui pense à sa santé et fait du sport tous les jours, qui sait faire des « cons sessions », classifié comme « équilibré », bref, un type dans les rangs. 

Je ne suis pas cette caricature chevelue et puérile de l’écrivain en blazer qui se conforme à un genre pour divertir, vendre et toucher le plus grand nombre, tous les jours un livre à la main, qui pose devant son immense bibliothèque pour bien impressionner (écraser ?) par sa culture, qui boit de la tisane et place ces personnages de préférence aux States parce que ça fait classe. Mais je ne suis pas non plus (même si ça m’arrive) cette autre caricature de l’écrivain maudit. Comme le poème de Prévert, je suis comme je suis, multiple, non réductible et irréductible.

désolé j’ai pas pu m’en empêcher

Et donc… ? (ou l’introduction au Souterrain)

En essayant d’éviter de vous pondre une présentation trop scolaire et trop lourde, il est tout de même important pour moi d’expliquer point par point les démarches qui m’ont amenées à la réalisation de ce blog (le reste se trouvant dans quelques écrits par-ci par-là), fruit d’expériences et de réflexions personnelles (donc purement subjectives, évolutives et critiquables), afin qu’il y ait le minimum d’ambiguïtés de départ sur le sujet.

Quelques constats préalables : 

1 – Les gens passent de plus en plus de temps devant un écran et de moins en moins devant un livre. C’est un fait, et s’aggravant au fur et à mesure des générations. L’argument plus ou moins avoué qui va de pair est celui-ci : Lire c’est chiant/trop dur/ pas le temps/ça sert à rien. 

Pour ce qui est du “pas le temps” : La vitesse de lecture est toujours supérieure celle de la parole. En clair, dix minutes devant un texte vous fera emmagasiner plus d’informations et de mots que dix minutes passées devant une vidéo ou passées à table en subissant les monologues toujours aussi chiants de votre beau-frère.

Pour ce qui est du “trop dur” : Oui camarade, mais se faire éclater le sommeil par le réveil matin pour aller à l’usine aussi c’est dur, et bien plus dur même. Se prendre une pierre sur la tête, se faire larguer, voir pleurer ses enfants, gravir une montagne, résister à la facilité et la médiocrité, essayer de se construire une pensée, subir le beau frère à table, faire son jardin, ne pas céder à la panique en cas de problème soudain, perdre son boulot, un proche, du poids, tout cela est dur. Si lire était dur, personne ne suivrait les enseignes publicitaires et personne ne serait connecté à Facebook. Ce qui est dur, c’est de conserver du temps de cerveau disponible à la concentration.

Pour ce qui est du “ça sert à rien” : Si on le prend comme ça, monter un mur d’escalade pour le descendre ensuite, naître pour mourir ou simplement sourire à son prochain non plus ne sert à rien. Pourtant toutes ses choses ont une utilité.

Sans trop m’étendre sur le sujet, que ce soit les dessins dans les grottes, les pictogrammes babyloniens et égyptiens, la grammaire latine ou arabe, le signe, peu importe sa forme, est intimement lié à l’histoire de l’Homme. L’écriture et la lecture permettent une transcription et une transmission d’un savoir pratique, technique et intellectuel, mais aussi d’émotions, d’expériences de vies, de point de vue, de témoignages, d’univers imaginaires. Du livre de recettes au poème, en passant par la philosophie, le manuel d’astrophysique, le livret technique de la bagnole ou le roman de gare, chacun de ces objets à une vocation, une utilité et une limite. Comme l’on sait maintenant que la monoculture est une catastrophe agricole, il serait temps de se rendre compte que la polyculture est aussi importante matériellement que mentalement.

Pour conclure, et même si cela a tendance à changer au fil de l’histoire, les gens les mieux placés dans la hiérarchie sociale occidentale sont souvent les plus instruits. Si lire ne servait à rien, pourquoi ceux qui dominent le monde chercheraient à prouver aux petites gens que, justement, lire (et par conséquent s’instruire) ne sert à rien ? Si l’instruction et la connaissance étaient sans danger, les rois seraient analphabètes et les mendiants les plus grands érudits.

2 – La Culture (dont l’art est une petite partie) est l’un des principaux vecteurs d’exclusion sociale. (même si cela devient de moins en moins vrai compte tenu de l’inculture de nos dominants)

Pour moi, l’une des causes principale du fait de pourquoi beaucoup de gens ne lisent plus de romans : parce que les romans ont cessé de parler d’eux.

Depuis les années 80, l’avènement du communautarisme idéologique doucement plaqué derrière l’étiquette des « minorités », a cannibalisé l’espace publique, notamment culturel et politique. Si la Droite a trahi la nation, la Gauche elle a trahit le peuple, et l’Art l’en a exclu. Pour la faire courte, l’homme blanc intérimaire, agriculteur ou travaillant à l’usine n’est plus le héros ou le sujet de l’Art et du divertissement. Sans parler du fait que La Culture Prolétaire est morte et enterrée.

Le personnage du bobo urbain issu de l’immigration qui travaille dans une boîte de com’ et a des problèmes de cocaïne avec sa meilleure amie lesbienne et vegan à – presque – totalement dégagé la caissière, l’éboueur, le clochard, le maçon ou la postière des écrans radars.

Le théâtre de Tennessee Williams, le cinéma de Gabin d’avant-guerre, la littérature de Céline, les personnages des chansons de Brassens ou de Fréhel, qui les connait, qui s’en souvient, qui s’en réclame ? Pour prendre l’exemple de ces derniers. Brassens, qualifié comme “Grand” dans la culture de la chanson française, parlait de sujets simples, de vies simples, de gens simples. Aujourd’hui, combien de chanteurs explorant ces sujets sont qualifiés de “Grand” et sont largement exposé sur la place publique ?

Les thèmes de préoccupation d’une minorité bruyante ont totalement marginalisé une majorité étouffée et écartelée entre le désir de ressembler à ce qu’elle voit et l’absence d’identification à ce qu’elle est. Étant moi-même un marginal dans cette masse, tout un espace de la littérature m’est entièrement disponible. Là se trouve mon fonds de commerce, mes sujets de prédilection, l’ADN de ce qui m’intéresse : Parler de soi pour parler aux autres, parler des autres pour s’explorer soi.

3 – Écrire est un loisir, pas une profession, ce n’est pas sérieux.

Là encore, cette petite phrase assassine implique plusieurs strates de lecture.  Si la notion d’argent ici coule de source, seuls ceux qui ne se sont jamais cassé le cul à écrire un truc valable peuvent formuler une telle connerie. Dans la vision collective, si un écrivain vend beaucoup de livre, il est méritant. S’il n’en vend pas, il n’est pas sérieux. Pourtant, pour chaque roman, vendu ou non, la somme de travail et le temps passé à l’écrire restera la même. L’écrivain, comme bon nombre d’artistes ou d’artisans, ne touche pas un salaire horaire et salarié, mais un salaire différé. Si Victor Hugo n’avait jamais eu de succès avec Les Misérables, son livre aurait-il était moins bon ? Son auteur moins légitime ? Le travail accompli moins sérieux ?

Ce même texte, qu’il soit lu par une ou un million de personnes m’aura demandé exactement le même temps de travail.

Car oui, l’écriture est un travail, et même un état d’être. Comme pour les motards ou les bricoleurs, il y a les vrais, et ceux du dimanche. Là où la confusion s’installe c’est lorsque les écrivains du dimanche ont plus de succès que les autres. Pour essayer d’être simple et compréhensible : je SUIS écrivain, je ne FAIS PAS de l’écriture. Je ne me lève pas le matin en me disant « un jour j’aimerais écrire sur ceci ou cela », je me lève, regarde, et essaie de témoigner du mieux possible ce qui me traverse.

Cette vision de l’écriture comme Artisanat et non comme Art est primordiale à mes yeux. Dans ma façon de faire, un poème, un roman, une nouvelle ou une chronique, sont autant de format qui ne demandent pas la même implication, le même style, le même savoir, la même discipline, la même façon de faire. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, faites le parallèle entre un château fort, un pont roman, une pyramide, une maison de lotissement, une cabane en tôle, un abri de jardin et une bergerie.

Après, ne lisez pas tout cela au premier degré, même précaire, c’est un travail choisi, et par conséquent, c’est le pied (il n’en sera pas de même pour la partie Éditions).

4 – Les “écrivains” d’internet ne montrent jamais leur travail. Cela peut sembler curieux mais, si vous prenez la patience de chercher sur internet des blogs d’écrivains, une chose vous frappera : on ne voit jamais ou presque ce qu’ils écrivent. La plupart donne des conseils pour écrire (fais ce que je dis pas ce que je fais), ou commente les romans d’autres écrivains. Bizarre… Je n’aurais pas idée d’aller sur le site d’un coutelier et de ne voir aucune création originale, seulement des tutoriels ou des critiques de collègues.

Ici, et c’est la principale vocation du Journal Souterrain, vous aurez accès à une grande partie de mon travail. Histoire de vous en faire une idée, histoire aussi de voir un vrai site d’écrivain.

LE BUREAU SOUTERRAIN

ceci étant dit, place à la visite du Souterrain

Au fait, pourquoi ce nom ?

Et pourquoi pas répondrais-je ?
D’abord parce que les anglo-saxon diraient Underground et que je ne suis pas anglo-saxon.
Ensuite parce qu’il s’agit ici d’un espace de liberté et d’expériences (comprenez expérimental). Tout le monde peut y venir (à condition de vouloir venir), que ce soit pour tailler une bavette, proposer un texte ou autre chose, me remercier dans les commentaires d’être un grand artiste et l’écrivain le plus génial depuis Alain Souchon, s’abonner et me partager sur les réseaux pour que toute la planète ne soit pas à la traîne et découvre la finesse démente de mes chevilles.
Enfin et plus sérieusement, cet endroit est une déclaration de guerre, ou de résistance, même si je n’ai pas encore réussi à définir clairement à quoi…

 

Ainsi,

L’Écrivain Souterrain vous présente le Menu :

Le Journal Souterrain :

Directement piqué (sans que je le sache au départ) sur le Journal d’un Écrivain de Dostoïevski, et sur les revues underground (ça j’en avais plus conscience) des années 60/70, Il s’agit là du cœur existentiel de ce site.

Il faut rappeler qu’il fut un temps – mais vraiment y’a très longtemps – dans ce monde imaginaire et révolu où les gens lisaient et aimaient les écrivains, où existait un truc bizarre appelé une revue littéraire. En gros ça se passait comme ça : un écrivain – connu ou non – envoyait un poème ou une nouvelle qu’il venait de taper sur une bonne vieille machine à écrire puis la postait à un de ces journaux. Ce journal faisait deux choses :
– Soit il refusait l’écrit et dans ce cas le retournait à ses frais (si si, je vous jure) accompagné d’une lettre plus ou moins détaillée justifiant ce refus.
– Soit il acceptait de publier la nouvelle (ou le poème), gardait l’original et en échange envoyait un (maigre) chèque à l’écrivain pour son travail (si si, je vous jure aussi).

Dans tous les cas, l’écrivain avait sa chance.

Si des noms d’auteurs américains comme Hemingway, Salinger, Charles Bukowski ou Henry Miller, vous disent quelque chose, sachez qu’ils sont passés par-là.

 

Parce qu’admiratif (et un peu nostalgique aussi) de cet ancien monde que je n’ai pas connu, où chaque écrivain pouvait se trouver une place dans une ligne éditoriale, où les éditeurs aimaient les écrivains (ce sera leur tour après) et où les mots n’étaient pas cachés par une photo commerciale de l’auteur en vogue parce qu’il se vend, j’ai décidé de renouer avec cette tradition et cette culture. En somme, c’était un temps béni où l’artisan des mots pouvait expérimenter et tenter de se planter sans être passé au pilori.

Ainsi, vous pourrez lire tous les jeudis matin une chronique inédite (mais néanmoins gratuite) de moi-même et, si je réussis mon coup (grâce au temps et votre concours) j’espère bien faire venir ici d’autres écrivains pas trop aseptisés, avec un son de cloche original par rapport à l’ambiance générale, et pourquoi pas (mais on en est encore loin) les payer pour leur boulot. . Le fantasme ultime étant – bien entendu – de créer une vraie revue papier et de réconcilier les gens avec la lecture (I have a dream).

Vous l’aurez compris j’espère, la ligne éditoriale ici est tout à fait simple : LIBERTÉ et EXPÉRIMENTATION. Alors, si vous pensez qu’à ces mots il faut mettre des “si”, et bien… évitons les bagarres et séparons-nous dès à présent.

En plus des chroniques hebdomadaires, vous pourrez aussi lire des poèmes, des nouvelles et ce que j’appelle les articles hors-sol, pouvant aller de la critique d’un livre à une recette pour cuisiner le chat. Il vous suffira de cliquer sur chacun de ces onglets dans le menu. Et si vous cliquez sur celui du Journal, vous arriverez sur le blog, où sont présentés “en vrac” les parutions par ordre chronologique décroissant (un blog quoi).

 

Le plus important ici est pour moi l’opportunité (et la prise de risque) de vous montrer mon travail. Tout ne se vaut pas, tout n’est pas pareil, tout n’est pas tous.

Si vous y trouvez un intérêt, n’hésitez pas à partager et parler autour de vous de ce que vous êtes en train de découvrir. Merci d’avance.

Et il va s’en dire que tous les collègues artisans écrivains, illustrateurs, vidéastes, …, peuvent me proposer d’y ajouter leur grain de sel. Pour cela, rendez-vous sur la page Contact dont je parle un peu plus bas.

Les Éditions Souterraines : 

Si, comme je l’ai dit, écrire est un véritable plaisir, éditer et publier moi-même mes livres s’est imposé comme une nécessité issue d’expériences, autant le dire totalement foirées.

Nombre de métaphores existent pour définir à l’être lambda la démarche de se voir prit sous l’aile d’une maison d’édition (de préférence prestigieuse et reconnue) : Parcours du combattant et véritable casse-tête sont les plus utilisées. Pour ma part j’en vois une autre : piège à con.

Je ne vais pas décrire ici toutes mes pratiques pour atteindre ce Graal, ce serait trop long et sans doute cela me permettra-t-il décrire un ou deux articles à ce sujet.

 Mais attardons-nous sur deux cas :

Cette fois où j’ai failli être édité. (et donc où ça a failli)

Car oui, une maison d’édition m’a fait signer un contrat. Oh, une petite, rassurez-vous. Une bretonne dont je tairais le nom.

Ça s’est passé à l’époque de mon premier roman, Les Écorchés.

L’éditeur a aimé le livre, et prévoyait même une adaptation en film. On a signé le contrat et le tout est parti en sucette, en partie par ma faute, mais pas que.

D’abord ils ont complètement pété la structure de mon bouquin. Par exemple, sur un paragraphe de huit lignes, la premier s’est retrouvé seule, puis il y a eu un saut de ligne puis la suite du paragraphe. Motif : votre texte est trop dense. Huit lignes… ça va. Ça n’avait rien à voir avec un bloc de trois pages façon en une phrase façon Proust.

Ensuite, ils m’ont complètement flingué mes alinéas. Lorsque j’ai demandé pourquoi, la réponse à été « Philippe Djian fait ça », ma réponse a été « Je ne suis pas Philippe Djian ». Et vous noterez l’incohérence face au premier argument qui était de dire que le texte était trop dense. En pratique, supprimer un alinéa n’a jamais aéré quoi que ce soit, au contraire.

Alors vous me direz : Ouais mais alors, c’est des détails ça !

NON ! Si un architecte fait un mur rond, ce n’est pas pour que le maçon en fasse un carré. Mes paragraphes ont un sens, mes sauts de page aussi. Je suis totalement ouvert à l’idée d’épurer un texte, d’enlever quelques lourdeurs ou revoir certains passages, et le style de Djian (que je dois avouer ne jamais avoir lu encore à cette heure bien qu’un ami me compare souvent à lui) n’est mon style. Chacun sa coupe de cheveux et son choix de fringues.

Je tenais déjà un blog à l’époque. Du coup je me suis lâché un peu, sans discriminer. Du coup l’éditeur a pris la mouche et a chié sur le contrat. Si j’avais mes tords, j’ai eu le mérite de m’en excuser. Lui en revanche, n’a aucune parole et aucun respect pour l’engagement, et donc ne mérite aucune estime.

Ces autres fois où j’ai voulu me faire éditer, avant de lâcher l’affaire

Ceci est l’histoire de mon second livre, Où veux-tu qu’je r’garde ?

J’ai toujours été ruiné, mais grâce à un mécène (une femme tombée amoureuse du bouquin en le lisant sur un site d’écriture, j’ai pu envoyer mon second manuscrit à une dizaine de maisons d’édition qui, bien entendu – aimant les pauvres et la planète – n’acceptaient aucun envoi de manuscrit (ce qui est un terme totalement erroné car plus personne n’accepte les livres écrits à la main) par mail. Bref, l’envoi de ces dix manuscrits a coûté au total 350 euros (impression à 16€/pièce et envoi à 19€/pièce).

Et là on va faire un premier point : qui a autant de fric à dépenser dans un truc aussi foireux? Parce que oui, c’est foireux. On me dira, c’est pour « épurer les pas sérieux ». Très bien, voyons donc comment ils traitent ceux qui ont passé la barrière du fric (donc sont sérieux) avec mon meilleur exemple : la maison Grasset.

Si j’avais eu la moindre chance de me faire éditer, je me suis dit que ce serait avec eux, et pour cause, non seulement ils éditent mon écrivain préféré Charles Bukowski, mais aussi Virginie Despentes et Frédéric Beigbeder (j’explique dans Où veux-tu qu’je r’garde ? pourquoi je ne supporte pas ce mec), des écrivains jugés plutôt… subversifs, ou du moins provocateurs.

Quelques mois après l’envoi, j’ai reçu une lettre de Grasset :

« Monsieur, nous avons lu attentivement blablabla. Mais votre livre ne correspond pas à notre ligne éditoriale. Et blablabla… si tu veux qu’on te renvoie ton bouquin, balance autant de tunes pour le retour qu’à l’aller. »

La NRF et Albin Michel ont répondu exactement la même chose, mais pour eux, c’est vrai que je ne correspondais pas vraiment à leur ligne.

Mon problème là-dedans : je ne sais même pas s’ils l’ont ouvert le livre. Réponds-moi « je n’ai pas aimé », ça serait plus honnête qu’un « ça ne correspond pas à une ligne éditoriale qui publie des gens EXACTEMENT dans ma ligne éditoriale (mon livre c’est L’amour dure trois ans, mais en plus viscéral et moins dandy bobo sous cocaïne).

 

Mais c’est ma faute, comme je l’ai déjà dit, je ne suis :
ni un universitaire surdiplômé,
– ni un Parisien,
– ni un mec avec des relations médiatiques,
– ni un juif homosexuel immigré maghrébin vivant en banlieue,
– ni un gars qui a de quoi investir dans une imprimerie,
– ni un gars qui écrit des romans-saga à lire sur la plage pour se « vider la tête ».

Comment espérer une chance sans ça ? Heureusement, avec tous ses défauts, internet permet une alternative plus qu’intéressante…

Comprenez-moi bien,

je ne suis pas un écrivain aigri pensant que tout le monde a le cerveau en gelée (si, ça je le pense un peu) et qui se prend pour un génie de la littérature, et je ne crache pas du tout sur les romans de plage, au contraire. Ce n’est pas qu’un Musso réussisse qui me fout en rogne (si, un peu faut avouer), c’est de me rendre compte que mon style littéraire (et celui d’autres) n’a presque AUCUNE chance de se trouver en tête de gondole tant un certain modèle de pensée littéraire s’est imposé et a écrasé les autres. Cherchez les forums et les sites d’écrivain d’amoureux de fantasy, de SF ou de sujets « France Inter » et ensuite cherchez-en d’autres sur une littérature underground, contestataire, sans quelle se caricature elle-même… Et constatez

 

La question peut se poser autrement :

– Suis-je un écrivain unique et génial qui n’a pas d’égal vivant ? Personnellement je ne le pense pas, et puis ce n’est pas à moi d’y répondre. Mais en réalité on pourrait me qualifier de tel. Après tout, aux dires des maisons d’édition, ne suis-je pas tout simplement en train d’inventer (ou réhabiliter ?) une ligne éditoriale à moi tout seul ? Je vous laisse cogiter à ça….

– Et donc, existe-t-il toute une flopée (même petite) d’écrivains talentueux donc la possible diffusion est totalement terrée, souterraine, marginalisée et cataloguée dans « un genre » qui d’emblée pousse davantage au mépris qu’à la curiosité ? Ça en revanche j’y crois dur comme fer.

Pour reprendre un peu le discours de Belmondo sur les distributeurs de films à la sortie de Désiré, vous ne m’entendrez jamais gueuler si un de mes bouquins ne marche pas, est jugé mauvais par une majorité de lecteurs ou s’attire quelque autre foudre. En revanche, oui, je gueule quand cette opportunité-là de se montrer aux gens n’est pas respectée. Si on ne leur propose aucun choix aux gens, c’est certain qu’ils n’auront pas la curiosité de voir comment un tel ou un autre conçoit son boulot d’écrivain en 2017, avec le monopole des écrans.

J’ai la faiblesse (peut-être stupide) de penser que la littérature de qualité (ou du moins différente) existe encore et ne demande qu’à se montrer. Et qu’elle peut trouver son public, il suffit de les présenter.

Je ne veux pas savoir si je suis bon écrivain ou pas, je veux simplement savoir si je suis le genre de mec à trouver les bons mots au bon moment pour toucher les gens.

C’est pour partir de ce principe qu’est né l’Écrivain Souterrain car, si les “milieux littéraires” ne veulent pas porter un certain type de littérature sous les projecteurs, il n’y a aucune raison que ce type de littérature leur soit redevable et dépende de ce système. 

Voilà le défi, et le risque aussi… passer par Vous, et non par Eux.
Aller (presque) directement du producteur au consommateur.

Ainsi, j’écris, je relis, je corrige, mets en page, réalise la couverture et fait la promotion de mes livres moi-même. Cela demande un travail et un investissement personnel dont vous n’avez sans doute pas idée. Et pour le dire franchement vous n’avez pas à en avoir. Mais ça a eu l’avantage de me pousser à apprendre pleins de choses (toujours cette idée de polyculture).

 Si j’offre énormément de contenu gratuit, vendre des livres via l’auto-édition constitue mon principal gagne-pain (eh oui, même un artiste a besoin de payer le loyer et manger, même liquide). Et c’est là que j’ai besoin de vous ! Si par la suite cela marche, je compte bien avec le temps permettre à d’autres écrivain(e)s ou artistes d’en profiter.

Pour le moment, mes livres sont en vente sur Amazon, ce qui est une saloperie, pour tout un tas de raisons, je sais… Mais c’est toujours pareil, l’idée de créer une véritable maison d’édition, avec sa propre imprimerie – ou faisant travailler des imprimeurs locaux – demande de l’investissement, et donc votre aide et votre soutien. Lorsque je m’étais renseigné dernièrement, pour, disons vendre un livre 20 euros (et sans faire de marge), le volume total de livre à faire imprimer devait dépasser les 4000 euros. Ceci explique cela…

La page Abonnement et Soutien :

Comme stipuler précédent, si je prends à cœur (et le risque) de vous donner le maximum de contenu gratuit, le blog est ma seule et unique source de revenu. Si vous aimez ce que je fais, voulez en voir plus, plus souvent, dans différents supports et de meilleures qualité (je pense là aux vidéos et à un système plus éthique qu’Amazon), si vous voulez être régulièrement tenu au courant de ce qui se passe et me soutenir dans cette démarche, cette page est faite pour ça

La page Contact :

Pour m’envoyer un message personnel de soutien, de critique, de reproche, de l’amour, de l’argent, des insultes, des idées ou du vin à envoyer, c’est par là

Tous mes collègues artisans écrivains, illustrateurs, vidéastes, …, intéressés de proposer  leur grain de sel. Rendez-vous sur ma page Contact.

La page Qui suis-je ?

Vous y êtes déjà et un GRAND MERCI d’avoir lu jusque là.

Voili voilà ! Ouelkome dans les souterrains de la littérature non visible ! Décroisez les doigts de pieds, ouvrez une bouteille et… Bonne lecture. En espérant vous régaler et vous revoir en tant qu’abonné fidèle et hargneux, genre groupie sous caféïne XXL vibrante de plaisir et d’extase sous chacun de mes mots…

Littérairement votre.

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