poème

Dans les saignées anniversaires

Depuis quatre ans le cœur vide
et le papier plein
Dans les détours d’une vie aride
tout pèse bien moins
que nos nuits l’un dans l’autre
mais jamais l’un pour l’autre
dis-moi, comment c’était déjà ?
J’ai oublié je crois.

Depuis,
qu’as-tu fais de ta route ?
L’as-tu écartelée
de ces cris de déroute
des pleurs et du charnier
de nos cœurs dénigrés ?

Et notre enfant vomit
dans les chiottes d’un cabanon ?
As-tu tiré la chasse de l’oubli ?
Combien de « coups » depuis, tirés sans passion ?

Moi. ça me hante toujours tu sais
Non j’ai pas changé de livre
Non j’ai pas tourné la page,
ni renié mes paroles
je sais pas faire ça.
Pourtant j’essaie, crois-moi.

Mais rien ne vaut rien car tu étais le seul rêve
Innocent. Bafoué. Ton sourire
à craquer l’arme aux yeux

Si j’ai un rêve ? J’essaie
d’évader ma mémoire
mais tenace est la fièvre
qui te colle à mon âme
Maintenant je fais
et me méfie sans forcer.

Y’avait la rive, je sais
Des bâbords de nos vides
à tes bobards furieux
Combien ai-je pris de rides
et d’heures dans des cachots pisseux ?

Oui, y’avait la rive je sais
et tes sourires sur moi
qui me berçaient d’aisance.
Je me sentais roi et puis
derrière la magie de nos silences
le travers de tes projets
et cette si subite absence
le cœur, quelle calamité !

Surtout,
y’avait l’Amour putain !
J’t’aimais
entre autres dépendances
mais depuis l’Amour est craché
et ses erreurs : des zestes de rance

Putain la voilà
la violence des silences
tous ces « clic » et les claques
qui flinguent à distance.
Et mes mots condamnés
pour crever sur du papier

est-ce donc un crime
d’offrir ses tripes à ce point ?
alors que se faire raccrocher au pif
est somme toute un peu mondain ?

une petite merde romantique
vaut bien moins qu’un chien
Est-ce donc un crime la révolte d’une peine hurlée ?
Enragée de pleurs brûlants dans un monde sourd sans pitié

Pour les sensibilisés,
préparez vos pavés pour ce monde
car femmes flics et bêtes immondes
n’attendent que votre fragilité.

Sais-tu ce qui les fait jouir ?
Sourire du pouvoir de faire mal.

Suis-je un traître à ma tombe
moi mort ce soir-là
quand un autre jouit dans ta bouche
avec ton sourire face à moi ?

Depuis je ne fais que flotter
d’une couche promise à l’autre
Et dans leur désir « d’être ma nana et faire des projets»
Moi, j’ai ton souvenir, mon cœur démantelé.

Arrivera-t-elle celle au magique vocabulaire ?
Et la laisserai-je conjuguer ?

J’aurais
tellement aimé
que tu ne me dégoutes pas…

Mais à quoi cela sert de rendre la peine qu’on a eue ?

Allez, à la tienne
à ton désir de te connaître

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