Chronique Souterraine

Mercredi 1er décembre 2021, 5h42.

Le disjoncteur du chauffe-eau a encore… DISJONCTÉ. Y’a des fois la langue française, je veux bien, mais comment éviter la répétition quand tu parles de ton disjoncteur ? LE disjoncteur a lâché ? c’est pas un fusible. A sauté peut-être ?

Bref, encore un événement de merde dans une vie de merde. C’est fou comme en ce moment tout part en couille… En un mois j’ai dépensé quasiment l’intégrale de ce que j’avais réussi à mettre de côté cette année. Soit environ 1500 euros. Alors, y’a les cadeaux de Noël, et c’est surtout tous les trucs d’entretien chiants qui m’ont coûté cher, comme la bagnole par exemple (surtout), un robinet fuyant, et puis là ce putain de chauffe-eau. D’une façon générale, depuis le départ de Kathy, ma vie part en quenouille totale. Pourtant, je ne pense pas que cette séparation soit une erreur. En revanche, il semblerait que Dieu, l’univers ou simplement ma putain de cervelle s’amuse à me poinçonner le cul à coups de quatre cents coups dès que je me retrouve célibataire. Quand la femme part, tout part avec, la stabilité financière, l’ordre matériel, le stock de dentifrice. Les seules choses qui reviennent sont le calme et la poussière.

Je me sens cassé en ce moment, vraiment proche de la rupture mentale. C’est le manque d’oseille ça. Quand t’arrives au stade où la transformation de ton énergie en billet s’évapore dans un pneu, une plaquette de frein, une courroie de distribution, un robinet, et là, bientôt, un chauffe-eau, alors que la moitié de tes chaussettes sont trouées, qu’il n’y a plus de viande dans le congélateur, que vient Noël dans moins d’un mois et le Petit dans la semaine, et que tu sens venir les repas pâtes au beurre, l’envie de trafiquer du shit est tout de même tentante…

Tu sais, j’ai la certitude qu’en ce qui me concerne, les étoiles sont en train de s’aligner d’une façon totalement merdique. Pourtant j’ai l’impression de faire mon possible, mais tout est une lutte, sur tout. Comme si, alors que tu essaies de prendre ta vie en main, la vie te remettait à ta place. Comme si tenter de t’émanciper de ta condition de pauvre était une erreur. Ou comme si, simplement, tu étais incapable de t’y prendre de la façon la plus juste et la plus efficace. Comme si toutes tes cellules te vibraient en esclave alors que tu te rêves roi. Comme si une part de toi te disait que tu ne mérites pas. Et que cette part là, t’as beau la traquer pour lui refaire la paroi dentaire et lui parler un peu des conditionnements, elle t’échappe toujours, et reviens en douce, toujours, te mettre une grosse claque derrière la nuque en passant. C’est fou de voir à quel point on peut s’auto niquer tout seul ! Quand d’autres attirent le pognon, la noblesse, la grandeur, j’attire les emmerdes, la misère, la petitesse.

Est-ce une question d’amour de soi ? Est-ce une question d’héritage ? Et donc dans ce cas, une baise sans merci et sans cesse ?

J’ai l’impression que c’est un peu comme un sport de combat. J’ai un très mauvais jeu de jambes. Ce qui fait que je suis dans le blocage et que j’ai tendance à rentrer dans le dur du corps à corps, même avec une armoire à glace. D’autres sont plus fluides, esquives, restent à distance et cherchent davantage à casser les appuis de l’adversaire. Peut-être qu’il y a là une leçon de vie, esquiver plutôt que bloquer et encaisser, piquer de loin plutôt que d’aller au contact, savoir gérer la distance, maîtriser un style plus… aérien. J’en sais rien, et je pense qu’avec ce genre de comparaison, on peut en tirer une leçon valable et une autre totalement contraire et valable aussi. Philosophie de café-clope. La seule question véritable c’est comment changer son style ? Comment identifier ce qui pêche ? Comment le modifier ? Est-ce seulement possible en profondeur ?

 

                   mercredi 1er décembre 2021. 6h45

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