Une de la semaine

Heureusement que le fascisme a existé… pour la gauche

Tout comme les YouTubers annoncent parfois qu’ils en sont à la troisième tentative pour faire correctement la vidéo que vous êtes en train de regarder, il me faut vous dire que cela fait bien trois semaines que je me lime les neurones sur ce texte. Pourquoi ? Parce que mon cerveau est tellement saturé que plus rien ne sort. Pourquoi ? Parce que je tourne en rond chez moi sans trop décoller de mon fauteuil. Pourquoi ? Hééééé Non ! Pas parce que vous croyez, bande de loques !

Aussi, vient le moment d’une petite mise en abîme, histoire de contextualiser un peu ce qui se passe dans ma petite vie de campagnard fraîchement célibataire. Et aujourd’hui, alors que le disque de l’Histoire de Melody Nelson tourne sur ma platine vinyle je sens que les mots viennent sous les doigts…

 

Un coup de genou un peu trop appuyé au niveau des côtes, suivi d’un éternuement assez violent quelques jours plus tard m’a littéralement déchiré le flanc gauche. Impossible de porter ma tasse de café matinal à la bouche sans en grincer les dents de douleur. Donc inactivité forcée. Après deux années passées à deux cents à l’heure, voici mon corps qui craque en hurlant « STOP ! ».

Pour un type comme moi, être bloqué depuis plus de trois semaines dans sa mobilité avec en prime cette angoisse de l’argent qui ne tombe pas (deux dévalorisations dès la première phrase, vous noterez l’exceptionnel marketing du bonhomme pour la promotion de lui-même), c’est permettre aux flux de conneries de son cerveau de passer au premier plan plus vite qu’une foule de migrants passant les frontières de l’espace Schengen.

Entre deux lectures, dont le merveilleux Citadelle de St Exupéry, et le très instructif Mes Indépendances de Kamel Daoud (donc j’avais déjà parlé il me semble, avec l’énorme PLS mentale qu’il avait mis à Patrick Cohen au sujet du voile et avec son article sur le viol en réunion d’Allemandes par les migrants de Cologne un soir de l’an qui lui a valu d’être condamné à mort par l’État Islamique), me voilà devenu un surconsommateur d’applications de rencontres, Tinder et Meetic en tête. Activité chronophage, certes, mais dont le principal défaut est pour moi la plus grande qualité, vu que « j’attends » que mon corps aille mieux.

Je parlerai une autre fois de ces applications, car y’en a à dire, sur le comportement des femmes, des hommes, et sur la misère sexuelle générale de ce pays.

(Cela me fait penser que je suis en train de lire un bouquin un peu complexe et pas toujours clair qui a au moins le mérite de tenter une définition sur ce que sont les sociétés patriarcales et matriarcales, ainsi que leurs différences fondamentales sur le plan familial, politique et spirituel. On en reparlera aussi, car c’est intéressant et permet d’éclairer la réflexion au-delà de ces poncifs jamais définis)

DONC – décidemment les digressions sont le lot de cette chronique – un petit peu lassé des photos mal cadrées, filtrées, avec pleins de papillons autour des minois féminins, et effaré par la violence syntaxique de certaines, je tombe sur le profil sans photo et sous pseudo d’une femme dont la description, relativement bien écrite contient un mot qui m’intéresse : humaniste. Comme elle tique en retour sur un mot qui l’intéresse chez moi, catholique, nous voici rapidement à nous appeler pour parler non pas séduction, mais politique. Fin de la contextualisation.

J’ai donc passé une grosse partie de ma soirée et le début de ma nuit à débattre chipoter avec cette femme que je définirais sans trop la trahir j’espère comme une militante féministe Mélenchonienne, installée dans l’agriculture depuis 7 ans je crois (donc un grand respect et un grand merci à elle de nourrir le peuple), et que l’on va appeler Lou. Lou, si tu me lis, je t’embrasse (en tout bien tout honneur et sans injonction ni volonté de domination masculine bien sûr).

Alors, par quoi commencer ce bordel ? Parce que ça a été un sacré bordel. Au pire cela fera l’objet de plusieurs textes, au mieux, j’aimerais l’inviter, si elle le souhaite, à en débattre par écrit, une sorte de dialogue de pensées contradictoires, cela pourrait faire un bon petit livre… Et la démocratie du respect des opinions de chacun serait ainsi à son apogée. Les lecteurs pourront trier et se faire leur opinion. Voilà la proposition lancée Lou, si tu le souhaites…

 

Déjà, prenez le temps de lire ce court poème de Bukowski, Le Génie De La Foule (lien ici : http://www.lepasgrandchose.fr/2008/03/bukowski-le-genie-de-la-foule.html), car dans l’ensemble, tout au long de cet entretien, ce poème m’est revenu plusieurs fois en tête, et la sensation qu’il me procure m’a poursuivi un moment après avoir raccroché, autour des deux heures du matin.

Sitôt derrière m’est parvenue cette phrase de Nietzche, issue de Par-delà le bien et le mal il me semble, « Nul ne ment autant qu’un homme indigné ». Car certains propos nous ont chacun révoltés et, me targuant d’être honnête, je cherche en moi le menteur dont l’indignation sert de brosse à reluire à l’ego.

Petite aparté comique, cela a agacé mon interlocutrice que je m’appuie sur les citations des autres pour étayer mon propos. Je crois donc que c’est la première fois de ma vie où m’était reprochée ma culture. Alors qu’entre nous, la culture, c’est comme la confiture, si les parents ne t’apprennent pas à en préparer à la maison, il n’y en aura pas dans tes placards. Est-ce révélateur d’une époque ? Je vous laisse le soin d’y songer.

 

L’une des premières choses que je tiens à dire, et parce que je l’ai remarqué avec différentes personnes (dont une partie de ma famille et de mes amis) adhérentes à un bord politique plutôt de gauche, c’est à quel point la morale, voire même la moraline (cf. Nietzche) , est omniprésente dans leur schéma de pensée. Bien entendu, la leur est le BIEN, donc par effet miroir, tout ce qui va se trouver à l’opposé sera le MAL, épidermiquement inaubible, balayé d’un revers de main, déshumanisé même. En cela Bukowski avait raison, ce camp du BIEN, prônant l’humanisme, le BON, l’égalité et la tolérance à tout va, est pris dans ces propres contradictions lorsqu’il ne tolère pas la contradiction et flirte avec la tentation  de lui clouer le bec définitivement.

Lors de mon entretien avec cette femme (à la voix charmante, tenue la plupart du temps dans un médium très agréable – je tiens à le préciser, car il serait malhonnête de sous-entendre que j’ai eu affaire à la caricature hystérique que l’on voit parfois sur nos écrans ou à la radio. Après, pour les cheveux bleus, les piercing, les tatouages, l’enlaidissement général et le langage corporel, je ne peux pas dire), ce sentiment s’est cristallisé lorsque nous avons parlé du dernier débat entre Jean Luc Mélenchon  – représentant Le BIEN – et Eric Zemmour – représentant bien entendu le MAL absolu, l’horreur, même le fascisme, qui n’est pas Hitler, mais on n’est pas à quelques incohérences près.  

Peu importe les propos de chacun, personnellement je ne suis dans aucune de ces deux équipes, même si je reconnais des idées intéressantes et pertinentes chez les deux. Veuillez me pardonner d’être un homme libre de ne pas m’enrôler. Ces deux-là ont des niveaux intellectuels, culturels, philosophiques et littéraires largement supérieurs à la majorité de l’offre politique contemporaine.

Toutefois, lorsque l’on brandit comme étendard l’égalité, le respect, l’humanisme et tout le reste, la moindre des choses est d’en être la représentation et de l’incarner. Il est ainsi bon de s’interroger sur l’honnêteté et la cohérence de ses propres dogmes lorsque l’on est en accord avec un Mélenchon disant à Zemmour qu’il n’est qu’un « chien » devant aller « à la niche ».

Le propos est clair : l’adversaire n’est plus un homme, il doit se ranger, obéir à son maître, et si on le trouve un peu trop enragé, pourquoi ne pas s’accorder à le piquer ?

Si ceci est un exemple d’humanisme, de respect et d’égalité telle que vous la voyez, alors permettez-moi de n’être ni humaniste, ni égalitaire, ni respectueux.

Se revendiquer des Lumières, c’est admettre la phrase de Voltaire que, personnellement, je fais mienne : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Après nous connaissons l’amour que porte Mélenchon à Robespierre, ici nous voyons que la tentation de la guillotine n’est pas très loin… Le camp de rééducation aussi ?

Entre nous Mélenchon, tu as eu de la chance, car me traiter de « chien » en face, comme tu l’as fait avec ce citoyen, toi qui prétends à devenir le président de TOUS les Français, t’aurait garanti de ma part un crochet du gauche bien senti dans la mâchoire. Car dans mon monde, réel, rural, précaire, loin des subventions étatiques, du cumul des mandats et des buffets du Parti Socialiste, entre hommes, dans la boue des champs, cela se règle de cette manière.

J’avoue éprouver parfois une certaine nostalgie pour l’époque des duels, où l’on pouvait jeter son gant et convoquer l’autre à l’aube, le combattre jusqu’au premier sang afin de réparer l’affront fait à son honneur. Cela pacifierait la télé et les réseaux sociaux sans doute… Mais je m’égare, l’honneur n’est plus au programme.

(au fait, les communistes et les musulmans, selon vos dogmes respectifs, la Franc Maçonnerie n’est pas tolérée dans vos rangs. Et qui en fait partie d’après vous ? Le filiforme Gargamel fils du Diable à crampe du bras droit ou le gros Mélouche qui ne semble représenter plus grand monde à part des profs et sa surcharge pondérale ? La dissonance cognitive à ce niveau-là s’appelle de la maladie mentale, je dis ça…)

L’autre méthode bien connue depuis Staline consiste à provoquer la mort sociale de l’adversaire (l’adversaire étant celui qui n’est pas d’accord avec TOUT ce que VOUS dites sur les sujets que VOUS avez choisis comme étant indiscutables), en le discréditant de tout un tas de mots finissant par Iste, en le diffamant, le rendant ainsi inentendable, impropre à la consommation, donc ayant moins de droits que VOUS, l’égalitaire (qui est un faux terme, car en vérité c’est l’équité que vous revendiquez, l’égalité vous l’avez déjà). Ces mots vous les connaissez, le préféré étant fasciste (Heureusement pour eux que Mussolini a existé, sans cela ça aurait été difficile de trouver une insulte pertinente qui marche à ce point sur le long terme…). Depuis, dans les médias subventionnés et ceux proches du Pouvoir, la relève a été prise : complotiste, souverainiste, populiste, féministe, islamiste, extrémiste, autant d’insultes, d’injures, pour couper la parole, balayer l’autre d’un revers de main, discriminer, discréditer, bref, empêcher de penser…

Quelle tristesse !

Je pense à tous ces hommes et femmes, médecins, chercheurs, infirmiers héroïques, dont la dissidence à la parole officielle concernant le virus de la chauve-souris mal cuite a valu l’anéantissement de leur carrière et de leur honneur. Merci et courage !

 

Pour compléter à ma sauce le poème de Bukowski :

Ceux qui combattent le fascisme sont ceux qui en parlent le plus,
Ceux qui combattent le racisme voient les races partout.
Les humanistes sont les plus prompts à déshumaniser.

 

J’admet avoir du mal à cerner la cohérence de tels propos… Il faudrait que je demande à Lou (si elle accepte de me reparler) ce qu’elle a pensé de ce marché de Noël ayant eu lieu à Paris où étaient interdits les marchands non racisés. Non racisés voulant dire non blancs, donc le blanc n’est pas une race, donc CQFD voici une belle démonstration de racisme. Et j’aimerais lui demander, si elle est d’accord avec ceci, ce qu’elle penserait si un marché de Noël était interdit aux marchands racisés, donc non blancs ? Assurément ce serait le tollé, l’indignation, l’effroi, l’horreur limite le fascisme (et à juste titre). Pour paraphraser notre Coluche, certains sont plus égaux que d’autres…

Pour petit rappel historique, on a vu ce que ça a donné en Afrique du Sud lorsque les peuples endémiques étaient interdits dans certains endroits de leur propre pays…

 

Toutes ces incohérences, ces demi-mesures, ces droits à deux vitesses, m’effraient, je l’avoue. Ils sont pour moi les signaux d’un certain manque d’honnêteté intellectuelle, philosophique ou à minima d’une immense carence en discernement. Et l’histoire de France nous a souvent montré comment se termine au climax une scission idéologique et/ou identitaire du peuple… (cf. la Fronde, les Vendéens, les Girondins, la guerre de cent ans, la Commune, les Gilets Jaunes, les comportements sous l’Occupation, les attentats du Bataclan, les comportements sous le Pass Vaccinal, j’en passe).

Bien entendu je peux me tromper. Je ne suis qu’un homme sur des milliards, la vérité ne m’appartient pas, elle s’approche – pour moi – collectivement, en bonnes intelligences.

Mais n’oubliez pas, chers lecteurs, qu’au nom du Bien, l’Enfer est pavé de bonnes intentions… À moins d’assumer une volonté délibérément sectaire (définition juridique ici : https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire/comment-la-d%C3%A9tecter) qui peut-être un sentiment rassurant d’appartenance, mais un appauvrissement mental absolu, je ne saurais trop vous conseiller de vous ouvrir à la contradiction, aux paradoxes (des autres et aux vôtres), à l’autocritique. Votre santé mentale vous en remerciera, votre liberté aussi. Certes, vous vous sentirez plus seul, c’est ainsi, et le cheminement est plus douloureux, moins confortable.

Car comme le disait mon maître littéraire (cf. le big Buk), le drame de notre époque c’est que les gens intelligents sont pleins de doutes alors que les crétins sont pleins de certitudes.

 

(Lou, l’invitation est lancée pour ce bouquin… Aux autres, je parlerai immigration et féminisme, autres sujets de conversations durant cet appel, dans les prochains textes, si Lou répond par la négative ou le silence. Et par soucis d’équité, je taperai aussi sur le Z, et la droite en général)

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